Cas clients

Deux notes, un seul dirigeant.

Ce que vous recevez chaque semaine : une lecture Dubarm calibrée sur votre exposition, et une note sur l'état général du marché mondial.

Exemple à but illustratif. L'entreprise, son contexte et les données chiffrées ci-dessous sont fictifs et anonymisés, construits pour présenter le format d'une lecture Dubarm. Ils ne correspondent à aucun client réel de Dubarm.

Client

PME anonymisée

Secteur

Mécanique de précision

Localisation

Vallée de l'Arve, France

Effectif / CA

85 salariés · 16 M€

Tension énergie, acier fragile

Votre lecture de marché quotidienne, postes d'achat sensibles

Dubarm · Note stratégique
24 août 2026

1 353 653 €

Enjeu annualisé en défaveur de l'entreprise, si les conditions de prix d'aujourd'hui se maintenaient douze mois. Détail ci-dessous.

Régime dominant

La journée ne fait apparaître aucun signal réellement solide sur les matières auxquelles vous êtes exposé : le régime est donc contrasté et sans direction affirmée, et il faut le dire tel quel plutôt que de le déguiser en tendance. Deux matières seulement méritent d'être suivies.

L'acier, qui pèse le plus lourd dans vos engagements chiffrables (achats et ventes confondus), affiche une orientation légèrement haussière : les prix ont progressé de 3,39 % sur les 35 derniers jours, avec des variations quotidiennes très faibles (0,17 %), donc une hausse régulière plutôt qu'un à-coup. Mais cette orientation est fragile : les intervenants financiers sont acheteurs à un niveau extrême, au plus haut de leur fourchette des 12 derniers mois à la dernière publication hebdomadaire, ce qui rend le marché vulnérable à un retournement rapide à la baisse. Point clé pour vous : le marché cote aujourd'hui les échéances lointaines environ 12 % moins cher que le comptant sur l'acier, ce qui signifie qu'il anticipe une détente d'ici la fin de l'année.

L'électricité va, elle, en sens inverse, avec des échéances futures cotées plus cher que le comptant (écart de près de 10 %), signe d'une pression à venir sur le coût de l'énergie. Le reste, cuivre, aluminium, pétrole et gaz, ne dépasse pas le seuil du bruit statistique aujourd'hui : les mouvements observés ne sont pas corroborés par un nombre suffisant de sources indépendantes pour en tirer une conclusion.

En résumé : pas de vague de fond à jouer cette semaine, mais des écarts de prix contractuels considérables déjà installés, qui sont le vrai sujet.

Ce qui mérite votre vigilance

Aucun signal ne franchit aujourd'hui le seuil de robustesse (trois familles de sources indépendantes alignées) sur vos matières. La vigilance porte donc sur deux points de surveillance et une alerte fournisseur.

Premier point de surveillance, l'acier : la hausse de 3,39 % constatée sur les 35 derniers jours est très régulière (variations quotidiennes de 0,17 % seulement) et le marché cote les échéances lointaines environ 12 % moins cher que le comptant, ce qui traduit une anticipation de détente. Cette orientation haussière de court terme est toutefois fragile et vulnérable à une correction : le positionnement des intervenants financiers est acheteur à l'extrême, au plus haut de sa fourchette des 12 derniers mois selon la dernière publication hebdomadaire. Historiquement, un tel excès précède souvent un retournement.

Second point de surveillance, l'électricité : le marché cote les échéances futures près de 10 % plus cher que le comptant, signe d'une pression attendue sur votre facture énergétique, sans que cela constitue à ce stade une alerte. À signaler également, sans en faire un motif d'action : les banques ont modifié leur posture sur le pétrole ces derniers jours, passant d'un biais acheteur à une position neutre, et d'une position neutre à un biais vendeur sur le Brent. Cela va dans le sens des cotations, qui affichent des échéances lointaines nettement moins chères que le comptant.

Contrepartie, information de presse non vérifiée

La presse des sept derniers jours rapporte qu'un site sidérurgique majeur en Ukraine, appartenant au groupe qui est votre contrepartie sur votre achat d'inox et sur l'une de vos ventes d'acier, a été frappé par une attaque, avec des victimes et une remise en état annoncée. Source à confirmer directement auprès de votre interlocuteur : le point à clarifier cette semaine est l'impact éventuel sur vos délais de livraison, même si le site touché n'est probablement pas celui qui vous approvisionne.

À écarter aujourd'hui comme bruit statistique : le cuivre, l'aluminium et le gaz. Mouvements réels mais non corroborés par des sources de nature différente, donc pas d'action à en tirer.

Ligne à vérifier dans vos données

Un achat d'électricité auprès de l'un de vos fournisseurs présente un prix qui, dans le fichier importé, semble exprimé dans une unité ou une devise différente de celle attendue au regard de la quantité déclarée. Une vérification de cette ligne est nécessaire avant de pouvoir en chiffrer l'enjeu, qui est potentiellement très significatif compte tenu du volume concerné.

Impact sur votre business

Les écarts ci-dessous se lisent comme « coût si vous re-signiez aujourd'hui aux conditions cotées », et non comme une perte en cours : tant que vos contrats courent, vous êtes protégé par votre prix signé.

PosteÉchéanceÉcart renouvellementLecture
Cuivre (achat)Dans 7 j+452 692 €Prix signé inférieur de 57,57 % à la référence de marché actuelle, hors prime régionale de transport et de disponibilité locale.Défavorable
Gaz naturel (achat)30 sept.+212 000 €Prix signé 46,90 % sous le prix coté pour l'échéance.Défavorable
Acier (achats)7 j / 30 nov.-176 120 € / -135 392 €Vos deux achats sont signés bien au-dessus du marché actuel. C'est votre principale marge de négociation.Favorable
Acier (ventes)Selon contrats+39 908 € / +149 538 €Ventes signées au-dessus du marché : les reconduire aux conditions actuelles vous coûterait cet écart.Défavorable
Aluminium (achats)31 oct. / 31 déc.+41 811 € / +451 581 € / +10 791 €Exposition nette défavorable sur les trois contrats d'achat.Défavorable
Aluminium (vente)30 nov.+193 750 €À instruire juste après l'acier.Défavorable
PétroleSelon contrats-25 299 € / -378 781 €Deux contrats favorables si vous re-signiez aux conditions cotées. Deux autres ne sont chiffrables que par ordre de grandeur, à hauteur de 900 € cumulés.Favorable
Total net des écarts+836 479 €Somme des lignes ci-dessus, écarts favorables déduits.

Attention : une part très importante de votre portefeuille, à savoir tous vos achats de plastiques et polymères, votre inox, votre transport, vos solvants et produits chimiques, ainsi que l'intégralité de votre stock (plus de 10 M€ en valeur de trésorerie), n'est couverte par aucune cotation de marché exploitable et n'est donc pas chiffrée ici. Ce n'est pas pour autant un risque nul.

Action recommandée

1

Sécuriser le prix de votre acier à l'achat pour l'échéance du 30 novembre

Engagez dès cette semaine la discussion avec ce fournisseur. L'acier est la seule matière de votre portefeuille dont le signal justifie une action : prix en hausse de 3,39 % mesurée sur 35 jours, mais surtout une courbe des échéances futures nettement descendante, le marché cotant les livraisons lointaines environ 12 % moins cher que le comptant. Concrètement, à l'approche du renouvellement du 30 novembre (dans 98 jours), le prix coté aujourd'hui pour cette échéance ressort 37,61 % sous votre prix signé, ce qui vous met en position de force pour négocier une baisse ou une indexation sur cette courbe descendante plutôt que de reconduire à l'identique.

2

Ne verrouillez pas la totalité du volume d'un coup

Réserve importante sur l'action ci-dessus : le positionnement des intervenants financiers sur l'acier est acheteur à l'extrême, au plus haut de sa fourchette des 12 derniers mois à la dernière publication hebdomadaire. Le risque d'un sursaut de prix existe, donc procédez par tranches.

·

Aluminium : à traiter ensuite

Dans cet ordre : la renégociation de votre contrat de vente d'aluminium arrivant à échéance le 30 novembre, puis vos contrats d'achat d'aluminium à échéance d'octobre et de fin d'année.

Timing optimal

Sur l'action retenue, l'acier à l'achat pour l'échéance du 30 novembre (98 jours), la fenêtre utile est maintenant et non en novembre. Pourquoi maintenant : le marché cote aujourd'hui les échéances lointaines environ 12 % moins cher que le comptant, ce qui vous donne un argument objectif à présenter à votre fournisseur, et le positionnement acheteur extrême des intervenants financiers rend possible une correction rapide, mais aussi un sursaut temporaire. Séquence proposée : engager le contact cette semaine, viser un accord de principe sous 4 à 6 semaines, et sécuriser par tranches d'ici fin octobre plutôt qu'en une seule fois. Échéances trop courtes : plusieurs contrats arrivent à terme dans 7 jours (cuivre, acier, plastiques). Le temps de négociation y est trop court pour agir utilement sur le prix. La bonne posture est de les reconduire au plus court terme possible et de rouvrir le sujet quand le régime de marché sera plus lisible.

24 août

Aujourd'hui

31 août

Cuivre, acier, plastiques (~7 j)

31 oct.

Achat aluminium (~68 j)

30 nov.

Acier achat, vente aluminium (~98 j)

31 déc.

Achat aluminium (~129 j)

Enjeu annualisé

Sur l'ensemble des contrats pour lesquels une comparaison de prix fiable est disponible, l'enjeu cumulé au rythme annuel, c'est-à-dire ce que représenteraient les écarts de prix si les conditions de marché actuelles se maintenaient douze mois, ressort à 1 353 653 € en défaveur de l'entreprise. Ce montant est une somme nette : il intègre les renouvellements qui seraient plus chers (cuivre, gaz, une partie de l'aluminium) et ceux qui seraient moins chers (acier à l'achat, une partie du pétrole), ces derniers venant compenser une partie du total.

À part, et de façon distincte, deux contrats (pétrole et fioul) ne sont chiffrables que par ordre de grandeur, à partir de la variation récente appliquée au montant du contrat : leur enjeu annualisé estimé est de 1 613 €, un montant marginal. Ces deux chiffres ne s'additionnent pas : le premier est un calcul fiable, le second une simple estimation. Attention, une part importante de vos achats (plastiques et polymères, inox, transport, solvants et produits chimiques) ainsi que la totalité de votre stock ne sont couverts par aucune cotation de marché et ne figurent donc dans aucun de ces totaux : leur absence de chiffrage n'est pas une absence de risque.

Dubarm · intelligence marché B2BGénéré le 24.08.2026
Analyse hebdomadaire des marchés
Le point du lundi matin
Semaine du 24 août 2026
Publication : chaque lundi, 8h00 CET
Données arrêtées au vendredi 21 août 2026
Conflits armés
Points de passage stratégiques
Restrictions à l'export
Tensions sociales
Sanctions
Thème principal
Points de passage maritimes et sanctions : l'énergie redevient le sujet numéro un

La semaine écoulée a été dominée par la remontée des prix de l'énergie, sur fond de tensions simultanées sur plusieurs routes maritimes stratégiques. Le suivi de l'actualité géopolitique place au niveau de sévérité le plus élevé deux sujets qui restreignent l'approvisionnement : les points de passage maritimes obligés (détroit d'Ormuz, mer Rouge, canal de Panama saturé) et la menace de nouvelles sanctions visant les flux pétroliers et gaziers. Les prix suivent : le baril de Brent ressort à 93,38 dollars, soit +19,91 % sur une fenêtre de mesure de 45 jours, et le baril américain à 86,02 dollars (+17,86 % sur 45 jours). Le gaz européen s'établit à 65,90 euros le mégawattheure (+31,84 %) et l'électricité française à 99,50 euros le mégawattheure (+40,32 %) : ce sont les deux plus fortes hausses de notre panier. Ces mouvements ne sont pas des à-coups d'une séance : la tendance haussière est installée depuis 24 à 29 jours selon les produits, ce qui en fait le fait marquant structurant de l'été.

Cette lecture haussière comporte toutefois plusieurs contrepoids sérieux. Sur le pétrole comme sur le gaz, le marché cote les échéances futures nettement moins cher que le comptant (une courbe dite en report inversé) : environ 16 % d'écart à un an sur le Brent et près de 37 % sur le gaz européen, autrement dit les opérateurs anticipent une détente des prix une fois passée la période de tension. Le positionnement des investisseurs financiers sur le pétrole reste par ailleurs vendeur et proche du bas de sa fourchette des douze derniers mois, signe qu'ils ne croient pas majoritairement à une flambée durable. Le consensus des banques s'est retourné sur la période : à la dernière publication hebdomadaire, il est passé de légèrement acheteur à neutre sur le baril américain, et de neutre à vendeur sur le Brent. Enfin, les indices actions n'ont pas bougé sur la période de mesure disponible, ce qui n'indique aucune fuite vers la sécurité et confirme que le marché traite l'événement comme un risque circonscrit, pas comme une crise systémique.

Sous l'hypothèse où les tensions sur les routes maritimes et la menace de sanctions se maintiennent sans passer au stade du blocage effectif, notre scénario central sur les deux à quatre prochaines semaines est celui d'une énergie qui reste chère au comptant mais sans nouvelle jambe de hausse comparable à celle des dernières semaines, les échéances lointaines restant cotées bien en dessous. Le signal serait invalidé à la hausse par une interruption avérée de trafic sur un point de passage majeur ou par l'entrée en vigueur effective de sanctions sur les exportations d'hydrocarbures : dans ce cas, le risque penche vers un nouveau choc sur les prix du gaz et de l'électricité en Europe. Il serait invalidé à la baisse par une désescalade diplomatique visible ou par un retour à la normale du trafic maritime, qui ramènerait rapidement le comptant vers les niveaux cotés à six mois. Côté métaux industriels, les signaux convergent vers une poursuite du raffermissement du cuivre, mais sans caractère explosif. Nous recommandons de traiter les besoins énergétiques des prochaines semaines comme prioritaires dans les arbitrages d'achat, en privilégiant les engagements progressifs plutôt qu'une décision unique.

Un signal secondaire mérite attention : le suivi des sanctions internationales fait état de 50 nouvelles désignations sur la période, un rythme nettement supérieur à celui d'une semaine calme, ce qui traduit une intensification réelle et pas seulement verbale. En parallèle, le suivi de l'actualité signale des tensions sur l'accès à certains minerais critiques, dont le tungstène et les minerais d'Afrique centrale, ainsi que des évolutions réglementaires américaines sur le traitement des déchets et ferrailles. Pour les acheteurs concernés par ces matières de niche, il est prudent de vérifier dès maintenant la profondeur des sources d'approvisionnement alternatives.

Matières premières
Énergie en forte hausse, métaux industriels en progression régulière, précieux atones

Le cuivre est le signal le plus solide de la famille : à 6,58 dollars la livre, il progresse de 4,98 % sur une fenêtre de 45 jours, avec une tendance installée depuis 28 jours et une agitation quotidienne des prix très modérée (0,75 % en moyenne par séance). Deux familles d'information indépendantes vont dans le même sens : la dynamique de prix elle-même et le consensus des banques, qui est passé sur la période de neutre à majoritairement acheteur, un basculement à noter. L'aluminium à 3 600 dollars la tonne gagne 4,71 % sur 45 jours, mais le signal manque de cohérence interne : le marché cote les échéances futures moins cher que le comptant (environ 8 % d'écart) et le consensus des banques est vendeur, ce qui nous conduit à ne pas en faire une tendance haussière établie. L'acier à 1 195 dollars la tonne courte progresse de 3,20 % sur 45 jours avec des prix très stables au quotidien, mais ce mouvement est haussier et fragile : le positionnement des investisseurs financiers est acheteur à l'extrême, au plus haut de sa fourchette des douze derniers mois, une configuration qui rend le marché vulnérable à une correction rapide si le sentiment se retourne. Là aussi, les échéances lointaines sont cotées environ 12 % sous le comptant.

Les métaux précieux sont le point mort de la semaine : nous ne disposons pas de variation de prix exploitable sur la période pour l'or, l'argent, le platine et le palladium, et aucun de ces marchés ne ressort avec un signal directionnel exploitable. L'or reste à un niveau élevé, 4 611,80 dollars l'once, et le consensus des banques y demeure acheteur, inchangé par rapport à la publication hebdomadaire précédente. Sur les quatre métaux, le marché cote les échéances futures plus cher que le comptant (de 2 % à 4 % selon le métal), configuration normale sur les métaux de placement et qui ne traduit aucune tension physique particulière. Le positionnement des investisseurs financiers sur l'or est vendeur et proche du bas de sa fourchette des douze derniers mois, ce qui limite paradoxalement le risque de correction brutale : peu de positions acheteuses à déboucler. Pour un acheteur industriel, l'argent à 69,35 dollars l'once et le platine à 1 883,20 dollars restent des postes coûteux mais sans dynamique de dégradation supplémentaire cette semaine.

L'énergie concentre toute la tension du moment. L'électricité française à 99,50 euros le mégawattheure affiche la plus forte progression du panier, +40,32 % sur une fenêtre de 45 jours, avec une tendance installée depuis 29 jours et une agitation quotidienne de 2,34 % par séance, soit un marché nerveux. Le gaz européen suit à 65,90 euros le mégawattheure, +31,84 % sur 45 jours et 26 jours de tendance continue ; particularité importante, le marché cote le mégawattheure à neuf mois autour de 42 euros, soit près de 37 % sous le comptant, ce qui signifie que les opérateurs considèrent la tension actuelle comme temporaire. Sur le pétrole, Brent à 93,38 dollars (+19,91 %) et baril américain à 86,02 dollars (+17,86 %) montent fort mais avec des signaux internes contradictoires : hausse du comptant d'un côté, échéances lointaines nettement moins chères et consensus bancaire qui se dégrade de l'autre. Pour l'électricité, attention à la seule échéance lointaine disponible, cotée à 109,25 euros, soit près de 10 % au-dessus du niveau actuel : sur ce produit précisément, le marché n'anticipe pas de détente à court terme.

La famille à surveiller en priorité dans les prochaines semaines est sans ambiguïté l'énergie, gaz et électricité en tête, où la tension géopolitique et la dynamique de prix se renforcent mutuellement. En deuxième priorité, le cuivre, dont la hausse est régulière et désormais validée par le consensus des banques, mérite une attention pour les contrats à renouveler d'ici l'automne. À l'inverse, l'acier appelle la prudence inverse : sa hausse repose sur un positionnement financier acheteur extrême et pourrait se retourner rapidement, ce qui n'incite pas à sécuriser des volumes importants dans la précipitation.
Signaux entreprises
Les entreprises parlent surtout de droits de douane et de coûts d'approvisionnement

Le volume de signaux d'entreprises exploitables reste modeste cette semaine, ce qui invite à rester qualitatif. Le thème le plus présent dans les publications réglementaires américaines est celui des droits de douane, cité par une quarantaine de sociétés, avec une forte concentration dans la distribution et le commerce de détail : ce secteur signale des surcoûts d'importation qu'il cherche à répercuter, ce qui constitue un signal avancé de pression sur les prix de vente en aval. Les clauses d'exonération pour circonstances exceptionnelles (force majeure) apparaissent dans une soixantaine de documents, mais sans concentration sectorielle industrielle identifiable : nous ne les lisons pas comme un signal de rupture d'approvisionnement généralisée. Les mentions du cuivre et de l'aluminium restent limitées à une poignée de sociétés du secteur minier et de la transformation métallique, sans commentaire de marché structurant. Les mentions explicites de perturbation de chaîne d'approvisionnement sont très rares et cantonnées à l'électronique de défense, secteur dont les contraintes sont spécifiques et peu transposables à l'industrie générale.

Macro & Prix
Prix en hausse généralisée, macro industrielle encore molle

Sur la fenêtre de mesure de 45 jours, toutes les matières pour lesquelles nous disposons d'une variation sont en hausse, sans aucune baisse dans le panier suivi. L'écart d'amplitude entre familles est spectaculaire : de +3,20 % sur l'acier à +40,32 % sur l'électricité, l'énergie captant à elle seule les trois plus fortes progressions. Les durées de tendance sont homogènes, entre 23 et 29 jours selon les matières, ce qui confirme qu'il s'agit d'un mouvement de fond installé depuis environ un mois et non d'une réaction ponctuelle. L'agitation quotidienne moyenne du panier ressort à 1,55 % par séance : modérée sur les métaux (0,15 % sur l'acier, 0,75 % sur le cuivre) mais élevée sur l'énergie (autour de 2,1 % à 2,4 %), signe que c'est bien là que se concentre l'incertitude. Pour un acheteur, cela signifie concrètement que les cotations énergie peuvent varier sensiblement d'un jour à l'autre et qu'un devis d'énergie a une durée de validité courte.

Les indicateurs de production industrielle restent en très légère progression, +0,23 % sur la période mesurée : une croissance réelle mais faible, qui ne suffit pas à expliquer la hausse des prix des matières par une demande industrielle emballée. Les prix à la production, eux, reculent légèrement, de -0,16 % : les industriels ne parviennent donc pas encore à répercuter intégralement la hausse de leurs intrants sur leurs prix de vente, ce qui pèse mécaniquement sur les marges. Cette combinaison, coûts d'entrée qui montent et prix de sortie qui stagnent, est le point de vigilance macroéconomique de la semaine pour toute PME transformatrice. Elle suggère aussi que la hausse actuelle des matières est davantage tirée par l'offre et la géopolitique que par la demande. Sous l'hypothèse où cette configuration perdure quelques semaines, la pression sur les marges industrielles devrait s'accentuer avant de pouvoir se transmettre aux tarifs.

À la dernière publication hebdomadaire, le consensus des banques a bougé sur trois marchés. Il est devenu majoritairement acheteur sur le cuivre, alors qu'il était neutre la semaine précédente : c'est le principal basculement positif de la période. À l'inverse, il est passé d'acheteur à neutre sur le baril américain et de neutre à vendeur sur le Brent, ce qui traduit une prudence croissante des analystes malgré la hausse des cours, une divergence à ne pas négliger. Le positionnement des investisseurs financiers dessine deux extrêmes opposés : très acheteur sur l'acier (au sommet de sa fourchette des douze derniers mois) et sur le cuivre (proche du haut de cette fourchette), mais nettement vendeur sur le pétrole et sur l'or, tous deux dans le bas de leur fourchette annuelle. Autrement dit, les financiers jouent la hausse des métaux et pas celle de l'énergie, alors que c'est l'énergie qui monte : ce décalage est en soi un facteur d'instabilité pour les semaines à venir.

Marchés & taux
Marchés actions figés, coût de l'argent qui remonte doucement

Les grands indices actions n'affichent aucune variation exploitable sur la fenêtre de mesure disponible : l'indice large américain se tient à 7 702 points, l'indice technologique américain à 29 468, l'indice européen des grandes valeurs à 6 475 et l'indice allemand à 26 188, tous inchangés sur la période mesurée. Cette absence de mouvement, dans un contexte de tensions géopolitiques réelles sur l'énergie, indique un appétit pour le risque stable : les investisseurs ne fuient pas les actifs risqués. Pour un dirigeant, la lecture pratique est qu'il n'y a pas aujourd'hui de signal de retournement du climat économique global venant des marchés d'actions. Ces niveaux sont fournis comme repères de climat général et ne constituent en aucun cas une recommandation d'investissement.

Le coût de l'argent remonte légèrement des deux côtés de l'Atlantique. Aux États-Unis, le taux de l'État à deux ans est à 4,24 % (+5 centièmes de point sur quatre jours) et celui à dix ans à 4,74 % (+2 centièmes sur quatre jours) ; l'écart entre les deux échéances reste positif à 0,50 point, mais s'est resserré de 3 centièmes, ce qui signifie que l'emprunt court se renchérit plus vite que l'emprunt long : la courbe s'aplatit sans être inversée, et un aplatissement traduit généralement une confiance moindre dans la vigueur de la croissance à venir. En zone euro, le taux allemand à deux ans est à 2,82 % et celui à dix ans à 3,30 %, tous deux en hausse de 4 centièmes de point sur sept jours, avec la référence des meilleurs emprunteurs de la zone à 3,27 %. Concrètement pour une PME industrielle, cela signifie que le coût de référence d'un crédit d'investissement en euros s'est légèrement renchéri sur la semaine, sans rupture : les conditions de financement se durcissent à la marge, pas brutalement. Un dossier de financement en préparation gagne à être bouclé plutôt qu'étalé sur plusieurs mois si les conditions actuelles conviennent.

L'euro s'est apprécié face au dollar sur les sept derniers jours, à 1,17 dollar pour un euro (+0,86 %). C'est une bonne nouvelle pour tout acheteur de la zone euro : les matières cotées en dollars, cuivre, aluminium, acier américain, pétrole et métaux précieux, coûtent mécaniquement un peu moins cher en euros, ce qui amortit d'environ un point la hausse constatée sur ces marchés. Le dollar est quasi stable face au yen japonais, à 159,12 yens (-0,07 % sur sept jours), ce qui ne modifie pas les conditions d'achat auprès de fournisseurs japonais.

La conjoncture américaine reste solide sur le front de l'emploi : le taux de chômage recule à 4,10 % (-0,2 point sur la dernière publication mensuelle) et les offres d'emploi non pourvues remontent de 3,81 % à 7,36 millions. L'inflation des prix à la consommation ressort à 3,30 % sur un an à la dernière publication de juillet, soit un niveau encore supérieur à la cible des banques centrales, ce qui limite la marge de manœuvre pour baisser les taux et donc pour alléger le coût du crédit. Les enquêtes manufacturières régionales, des indicateurs où un chiffre au-dessus de zéro signale une activité qui progresse et en dessous une activité qui recule, sont franchement bien orientées : 47,4 pour la région de Philadelphie et 20,6 pour celle de New York, deux nettes améliorations par rapport au mois précédent. Ce redressement de l'industrie américaine, s'il se confirme, soutiendrait la demande en métaux industriels dans les mois à venir et va dans le même sens que la fermeté observée sur le cuivre.

Agenda de la semaine
Mar
Ventes de logements neufs aux États-Unis
10h00
Mer
Commandes et stocks de biens durables aux États-Unis, indicateur clé de l'investissement industriel
08h30
Jeu
Rapport avancé sur le commerce extérieur, le commerce de détail et le négoce de gros
08h30
Jeu
Statistiques préliminaires des importations américaines de produits sidérurgiques
10h00
Ven
Discours du président de la banque centrale américaine
10h00
Ven
Révision préliminaire des statistiques nationales d'emploi
10h00
Dubarm · Le point du lundiGénéré le 24.08.2026